Le crémant de Bourgogne peut désormais afficher sur son étiquette le nom du lieu-dit d’où viennent ses raisins. Un arrêté ministériel du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel, a modifié le cahier des charges de l’appellation, comme l’ont rapporté fin octobre Rayon Boissons et Dijon Actualités. Pour les vignerons, c’est la fin d’une longue attente. Pour l’amateur, c’est une nouvelle façon de choisir ses bulles à table.
Plan de l'article
Qu’est-ce qui change sur la bouteille ? #
Jusqu’ici, un crémant de Bourgogne ne pouvait revendiquer que son appellation régionale. Désormais, le producteur peut préciser une unité géographique plus petite : le nom d’un lieu-dit, c’est-à-dire une parcelle nommée au cadastre.
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Rayon Boissons détaille les conditions posées par le cahier des charges. Le lieu-dit doit être cadastré et figurer sur la déclaration de récolte. Si des moûts ou des vins entrent dans la liqueur d’expédition, ils doivent eux-mêmes être aptes à produire du crémant de Bourgogne.
Une traçabilité de la vigne au chai
Selon Dijon Actualités, les raisins de la parcelle doivent être identifiés dès la déclaration de récolte. Leur suivi se poursuit ensuite dans les registres de la cuvée, jusqu’aux déclarations de mouvements de stocks. Ce contrôle garantit que le nom imprimé sur l’étiquette correspond bien au vin qui est dans la bouteille.
Un retour aux usages d’avant-guerre #
La mesure n’invente rien : elle rétablit une pratique ancienne. Du XIXe siècle aux années 1930, plusieurs maisons bourguignonnes vendaient déjà des vins mousseux en citant la parcelle ou le climat d’origine. Certaines bouteilles portaient même des noms aujourd’hui réservés aux vins tranquilles.
Tout s’est arrêté à la fin des années 1930 avec la mise en place du système des appellations d’origine : Rayon Boissons date l’arrêt à 1938 et la création de l’INAO. Les mousseux bourguignons ont alors perdu la possibilité de se réclamer d’un lieu précis. Il a fallu attendre 1975 pour que naisse l’AOC crémant de Bourgogne, et 2026 pour que les lieux-dits reviennent.
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Pourquoi les vignerons y tenaient autant #
Le dossier a été porté par l’Union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne (UPECB), après près de quinze ans de discussions avec l’Institut national de l’origine et de la qualité. Son délégué général, Pierre du Couëdic, résume l’enjeu dans Rayon Boissons : un lieu-dit « explique une topographie, une toponymie, une filiation de cultivateurs… en un mot : un terroir ».
Il insiste sur un point : « L’enjeu n’est pas le volume, mais l’expression qualitative et précise du terroir d’origine. » Et, cité par Dijon Actualités, il ajoute que « la bulle bourguignonne peut elle aussi parler de son lieu de naissance ».
Une appellation qui a beaucoup grandi
Le contexte explique l’impatience. Selon Dijon Actualités, l’appellation représentait 3 320 hectares en 2023, soit une progression de 39 % en dix ans. Elle rassemble environ 1 700 viticulteurs qui produisent des raisins pour ces vins effervescents, et 138 maisons qui les élaborent.
Avec une telle croissance, le risque est de voir le crémant réduit à une bulle « de fête » interchangeable. Le lieu-dit donne aux petits producteurs un moyen de distinguer une cuvée de parcelle d’un assemblage plus large, sans renoncer pour autant au principe de l’assemblage, qui reste au cœur des vins effervescents.
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Comment en profiter à table ? #
Les premières cuvées mentionnant un lieu-dit mettront du temps à arriver chez le caviste : un crémant passe plusieurs mois sur lattes avant d’être commercialisé. Dès qu’elles seront là, elles méritent mieux que l’apéritif debout.
Un crémant de parcelle se goûte comme un vin de terroir. Un blanc de blancs issu d’un coteau calcaire appelle les gougères tièdes, un comté jeune ou des huîtres. Une cuvée plus vineuse, avec du pinot noir, tient tête à une volaille de Bresse à la crème ou à des œufs en meurette, le classique bourguignon.
Le bon réflexe sera de lire l’étiquette comme on lit celle d’un bourgogne tranquille : le nom du lieu-dit, le producteur, et si possible demander au vigneron l’exposition et le sol de la parcelle. C’est exactement ce que la filière veut provoquer : une conversation sur l’origine, et plus seulement sur la bulle.
Questions fréquentes #
Tous les crémants de Bourgogne vont-ils afficher un lieu-dit ?
Non. La mention est une possibilité, pas une obligation. Elle concerne les producteurs qui peuvent prouver l’origine parcellaire de leurs raisins, de la récolte jusqu’aux stocks.
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Un lieu-dit est-il la même chose qu’un premier cru ?
Non. Le lieu-dit est un nom de parcelle inscrit au cadastre. Il ne correspond pas à un classement qualitatif comme les premiers ou les grands crus des vins tranquilles.
Depuis quand la règle s’applique-t-elle ?
Depuis l’arrêté ministériel du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel, qui modifie le cahier des charges de l’AOC crémant de Bourgogne.




