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Roquefort : les exportations se stabilisent en 2026 après une année de recul

Après une année difficile, le roquefort tient bon à l’étranger. Selon les chiffres publiés le 2 novembre 2026 par l’Institut de l’élevage dans Réussir, les exportations du bleu de brebis aveyronnais atteignent 2 040 tonnes sur les sept premiers mois de 2026, soit +0,4 % par rapport à la même période de 2025. Une stabilité qui compte, car l’année précédente avait été marquée par un recul de 9 % entre 2024 et 2025.

Pour les éleveurs du rayon de Roquefort et pour tous ceux qui défendent les fromages de terroir d’Occitanie, la nouvelle est plutôt rassurante. Elle mérite pourtant d’être lue avec un peu de recul.

Ce que disent les chiffres #

Les données viennent du service économie de l’Institut de l’élevage (Idele), qui s’appuie sur les statistiques des douanes françaises. Elles couvrent les sept premiers mois de l’année, de janvier à juillet. Sur cette période, le roquefort a donc quasiment retrouvé le niveau de 2025, sans regagner pour autant le terrain perdu l’année précédente.

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Le même relevé montre une autre tendance, plus dynamique : les exportations de fromages frais de brebis « à salade », de type feta, atteignent 7 200 tonnes en cumul sur sept mois, en hausse de 4 % par rapport à 2025, après un léger repli entre 2024 et 2025. Autrement dit, le lait de brebis français trouve davantage de débouchés à l’export sous forme de fromages frais que sous forme de bleu affiné.

Une stabilité qui ne dit pas tout

Le relevé ne détaille pas les pays de destination, ni la valeur de ces exportations. On ne peut donc pas savoir, à partir de ces seuls chiffres, si certains marchés progressent pendant que d’autres reculent, ni si les prix de vente ont évolué. Il s’agit d’une photographie des volumes, utile pour suivre la tendance, mais pas d’un bilan complet de la filière.

Le premier fromage protégé de France #

Le roquefort n’est pas un fromage comme les autres dans l’histoire des appellations. Comme le rappelle l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), c’est le 26 juillet 1925 qu’il est devenu la première appellation d’origine fromagère française. L’objectif était déjà de se protéger des nombreuses contrefaçons qui se multipliaient dans d’autres régions et jusque sur les marchés internationaux.

Cent ans plus tard, l’appellation est toujours l’une des plus importantes du pays. Selon l’INAO, le roquefort se classe au troisième rang des AOP françaises en tonnage commercialisé. L’institut était d’ailleurs présent à Roquefort-sur-Soulzon pour fêter le centenaire avec les sept grands producteurs de roquefort et de nombreux éleveurs.

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Du lait de brebis Lacaune et des caves naturelles

Ce qui fait le roquefort, c’est d’abord le lait des brebis de race Lacaune, adaptées depuis longtemps aux causses et aux pentes de l’Aveyron. C’est ensuite l’affinage dans les caves creusées sous le village de Roquefort-sur-Soulzon, où les conditions naturelles permettent au Penicillium roqueforti de se développer dans le fromage et de lui donner ses veines bleu-vert. Le lent affinage qui suit développe sa texture onctueuse, décrit l’INAO.

Ce lien entre une race, un territoire et des caves explique pourquoi l’appellation a été défendue si tôt : un bleu de brebis peut se fabriquer ailleurs, mais pas un roquefort.

Ce que cela change à table et sur les marchés #

Pour l’amateur, ces chiffres d’export n’ont pas d’effet direct sur le plateau de fromages. Mais ils disent quelque chose de la santé d’une filière qui fait vivre de nombreuses exploitations ovines du sud du Massif central. Un roquefort qui garde ses positions à l’étranger, c’est un débouché qui reste ouvert pour le lait des éleveurs du rayon.

La progression des fromages frais de brebis rappelle aussi que la filière ovine ne repose pas sur un seul produit. Le lait de brebis se transforme en bleu, mais aussi en tommes, en fromages frais et en yaourts, souvent vendus en circuit court sur les marchés de la région.

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Le roquefort dans la cuisine du terroir

À l’approche des repas de fin d’année, le roquefort retrouve sa place dans les recettes familiales : en sauce sur une viande grillée, émietté sur une salade de noix et d’endives, fondu dans une tarte aux poireaux ou servi simplement avec une poire bien mûre. Sa puissance demande peu de quantité : quelques dizaines de grammes suffisent à parfumer un plat pour toute une tablée.

Pour le conserver, on l’enveloppe dans son papier d’origine ou dans un film alimentaire, et on le sort du réfrigérateur une demi-heure avant de le servir pour qu’il retrouve toute sa saveur. Un petit geste de patience, à l’image de l’affinage qui lui a donné son caractère.

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